Deux volcanologues du Vivarais au XVIIIe siècle

Le mercredi 18 février, Dominique BEGUIN, a animé une conférence sur les volcans.

A partir du milieu du XVIIIe siècle, les scientifiques français se sont penchés sur les volcans éteints du massif central et, dans un premier temps, ils ont reconnu que ces volcans ne différaient des volcans actifs que par leur silence.

En 1778, Barthélémy Faujas de Saint-Fond publia, dans ce cadre, un monumental ouvrage intitulé « Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du Velay ». En annexe de ce livre, figurent six lettres écrites à Faujas en 1776, par un mystérieux « Abbé de Mortesagne ».

Cet abbé a été identifié comme Gui Boutavin de Mortesagne, né à Pradelles le 29 novembre 1714 qui, après avoir fait une carrière d’enseignant au sein de l’ordre des Jésuites s’était retiré à Montélimar en 1764 lors de l’expulsion des Jésuites par le roi Louis XV. En 1767, âgé de 53 ans, il fit alors la connaissance du jeune sénéchal Faujas alors âgé de 24 ans.

Les deux hommes, passionnés de sciences naturelles, devinrent amis et, en 1775 et 1776, Gui Boutavin entrepris de reconnaitre les phénomènes volcaniques du haut Vivarais et du Velay. Faujas, lui-même, vint observer les lieux en octobre 1777.

Gui de Mortesagne décrit avec beaucoup de précision la géographie du plateau, les difficultés de la vie dans son pays natal.

En donnant les détails de la construction de la côte de Mayres (actuelle R.N. 102), il écrit sans tendresse : « Cette magnifique route vous conduit pompeusement au plus détestable pays que je connaisse en France, et c’est hélas le mien. »

Montant, en août 1775, avec Antoine de Genssanne (Commissaire général des mines de la province de Languedoc), il prévient encore Faujas : « Croyez, Monsieur, que les ardeurs de la canicule qui vous brûlaient à Montélimar, ne nous incommodaient guère ici. »

En octobre 1777, Faujas citadin de Montélimar, se risque à son tour dans la région, il vérifie les descriptions de Mortesagne, mais ne manque pas de conter, tant dans son ouvrage imprimé que dans son carnet de voyage manuscrit, les multiples péripéties de son exploration de ces contrées réputées sauvages.

De retour d’une excursion au village de Lafarre au cours de laquelle il s’est perdu dans le brouillard, il conclut son récit par cet avertissement : « Je rapporte ici cette anecdote pour qu’elle puisse servir d’exemple aux observateurs qui seraient dans le cas de faire cette traversée ».

Ces authentiques récits, forment un formidable roman d’aventures dans le Velay et le Vivarais, vingt ans avant la Révolution française.

Dominique Beguin devant son auditoire