Nouvelles découvertes sur les voies antiques en Cévennes

C’est avec plaisir et attention que le C.E.R. Benjamin Bardy a accueilli ce mercredi 16 novembre M. Michel Wienin, chercheur connu et reconnu, pour une conférence sur : Deux voies antiques à travers les Cévennes

 Il est à noter que cette recherche bénéficie de la collaboration de Pol LE LAY;

“Un tronçon de voie romaine situé près de Coudoulous, au-dessus du Collet-de-Dèze, est connu depuis le XIXème siècle et ses spectaculaires ornières creusées dans le micaschiste des Cévennes sont facilement accessibles à tous car proches d’une route, dégagées sur plusieurs centaines de mètres et signalisées par le Parc des Cévennes.  Des vestiges analogues ont été signalés autour de 1970 entre le col des Laupies et Saint-Germain-de-Calberte, mais, trop isolées dans la montagne, elles n’ont encore jamais été mises en valeur. Il ne s’agit pas du prolongement d’un même itinéraire car ces tracés sont implantés près de la crête de serres parallèles.

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La profondeur des ornières et l’importance des travaux d’entretien (rafraîchissement de la bande de roulement) témoignent de l’importance et de la longue durée du trafic. L’interprétation des auteurs anciens qui voyaient dans Coudoulous une bretelle entre la « grande voie régordane » dont on sait aujourd’hui qu’elle n’est pas antique mais médiévale et la « grande draille de Languedoc » qui n’a jamais été carrossable ou bien assurant la desserte des mines de plomb et d’argent de la région, dont la production ne pouvait dépasser quelques tonnes par an n’est plus défendable : il ne pouvait s’agir que d’une vraie route  reliant de centres  urbains relativement importants comme Nîmes, capitale des Volques arécomiques, et Javols, celle des Gabales, ou industriels comme Banassac.

Un important travail de terrain, véritable jeu de piste à partir de vestiges souvent ténus, a permis à notre équipe de prolonger les segments connus sur plusieurs dizaines de kilomètres. Ainsi, la voie de Coudoulous se poursuit vers le nord-ouest en passant à la Croix-de-Bertel, traverse le Lozère au col de Finiels puis le Goulet et continue à travers le causse de Montbel vers Laubert et Javols. De l’autre côté, le tracé ne se retrouve pas en direction du col de Portes (Gard) mais il descend en direction de Saint-Julien-des-Points avant de se diriger vers Alès et Nîmes.

Le second itinéraire a été reconnu depuis Cendras et Soustelle, près d’Alès, jusqu’au Plan de Fontmort et Barre-des-Cévennes avec quelques sites d’ornières spectaculaires totalement nouveaux au-dessus de Lamelouze (Gard) et de Saint-Martin-de-Boubaux, en particulier au niveau exact de la limite des départements.  

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Récemment, quelques vestiges ont été découverts au voisinage de la Corniche des Cévennes dont le tracé médiéval, largement repris par la route royale du XVIIIème siècle, recouvre sans doute en partie une viabilisation plus ancienne.

Curieusement, de nombreuses cupules et des signes gravés ont été repérés au voisinage immédiat du tracé, ce qui ne manque pas de poser des problèmes de datation et de destination de ces vestiges. Certains semblent même avoir eu une destination de marquage de limites de parcelles ou de découpages territoriaux jusqu’à des dates beaucoup plus tardives comme c’est le cas pour la pierre « des croix » ou « des évêchés » entre Saint-Julien-des-Points et Sainte-Cécile-d’Andorge, à la limite Gévaudan-Uzège”.

           Le C.E.R. Benajamin Bardy et les  nombreux participants tiennent à remercier M. Michel Wienin pour la qualité remarquable de l’ensemble de son exposé.

 

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Compléments à ce compte-rendu rédigé par le conférencier et publié dans la presse locale (Lozère Nouvelle et Midi Libre).

 

Michel Wienin a présenté et restitué au cours de sa conférence la découverte de la partie sud de la voie romaine dite “de Coudoulous” dont les ornières font référence.

Se reporter également à son article publié dans le bulletin n°35

Prolongement vers le sud-est de la voie romaine de Coudoulous”.

Cette découverte est le fruit d’un travail collectif important initié notamment par le CER dès 2013. Travail collectf initié par Pol LE LAY

Dès lors, il faut ajouter et souligner le travail d’enquête et de recherches effectué par notre association – approuvé et soutenu par les services compétents – sur ces voies de chars anciennes de la Lozère. Un groupe d’amateurs arpente hebdomadairement nos vieux cheminements pour tenter d’en retrouver les destinations. De nombreuses traces de ces passages premiers ont été retrouvées : tranchées dans le roc, ornières parfois très marquées, bordures de voie et tronçons pavés ; la partie nord , Coudoulous-Javols, ayant été aussi reconnue (2015) dans sa totalité par ce même groupe.

Ainsi, Audrey Roche, archéologue et adhérente du CER a-t-elle pu déterminer le cheminement d’une de ces voies qui, de Rodez (protohistorique puis romaine) traverse les Causses (productions de poix, fer, plomb/argent et céramiques de Banassac) pour rejoindre, par les hauteurs, Châteauneuf-de-Randon puis l’Allier en direction de la capitale des Gaules.

Il est donc nécessaire et important pour le CER Benjamin BARDY de faire connaître la qualité de cette recherche et le tracé “scientifiquement reconnu par des preuves matérielles” de la véritable “Voie des Gabales”.

 

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