Les politiques nazies et pétainistes antijuives

       Le mercredi 11 décembre, le CER BB programmait la 2e partie de l’intervention de Christian AMBERGNY, membre du Conseil d’Administration du CER BB, intervention consacrée aux « Politiques nazies et pétainistes antijuives » et plus précisément pour cette conférence sur la thématique « La judéophobie à son paroxysme : la SHOAH ».
Lors de la conférence du 9 octobre (1ère partie du thème programmé), l’intervenant avait détaillé ce que furent deux millénaires « d’enseignement du mépris de juifs » et les conséquences de l’antijudaïsme chrétien sur l’antisémitisme nazi. Devant près de 130 auditeurs, l’intervenant a explicité ce 11 décembre quels avaient été les autres « terreaux » du nazisme qui ont conduit à la SHOAH, dont la définition est la suivante : assassinat de masse de six millions de Juifs pendant la seconde guerre mondiale par le régime nazi et par ses « valets » (pays ayant collaboré avec le IIIe Reich à cet « indicible » dont l’État Français et son « gouvernement de VICHY » avec en première ligne Philippe PÉTAIN, chef de l’État, et Pierre LAVAL, chef du gouvernement).
Les lendemains de la guerre de 1914-1918 et les clauses du traité de Versailles, associés à une grave crise économique et financière (endettement hors normes, hyperinflation, chômage de masse), ont généré une dérive idéologique en Allemagne aboutissant au nazisme qui a allié au nationalisme, au populisme, au totalitarisme, au fascisme non seulement la nécessité d’un combat permanent par la force contre les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur, mais aussi la primauté et la supériorité de la race allemande, dite « aryenne » ou « nordique » placée au sommet de la hiérarchie humaine. Sans oublier l’impérieuse obligation de conquérir une « espace vital » à l’Ouest et principalement à l’Est, le « Lebensraum ».

       Au nom de « l’épuration de la race », le régime nazi a édicté un principe d’eugénisme consistant « à se débarrasser des vies indignes d’être vécues » (400 000 stérilisations forcées, 250 000 euthanasies…), et à permettre, grâce aux « maternités d’Himmler » (les « Lebensborn ») de doter à terme le « Reich de 1 000 ans » de millions de « germains aryens ». Ce furent les prémices du traitement par la terreur « de la question juive » qui, dans un premier temps, a généré exils, spoliations et pogroms (massacres) de milliers de Juifs avant de déboucher à leur « ghettoïsation » (800 000 victimes), à l’assassinat par balles de 1 500 000 d’entre eux par les « Einsatzgruppen », à la déportation de millions de déportés réduits en esclavage et affectés au fonctionnement de la machine de guerre nazie, et, pour 4 500 000 juifs, à l’extermination dans les centres de mise à mort tels que Treblinka, Sobibor, Chelmno, Belzec, Majdanek et Auschwitz-Birkenau, véritable « capitale de la SHOAH » (1 100 000 victimes). Ce dernier camp a fait l’objet au cours de cette conférence d’un focus nécessaire à la compréhension de « l’industrialisation de la mise à mort des Juifs » par le régime nazi.
Cette conférence a eu aussi pour finalité de mettre en avant ce que fut la « collaboration sincère » (!!!) de « l’État Français » (le gouvernement de VICHY) avec le IIIe Reich et ses services (la Gestapo en premier lieu) dans la traque par tous les services français (ministères, préfectures, police, gendarmerie) des Juifs, des Tziganes, des maquisards et des réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire), traques et rafles souvent suivies d’exécutions, d’exactions (par la Milice) et qui, au final, ont généré la déportation par l’État Français de 73 853 Juifs et de 86 000 prisonniers politiques.
Calés sur les données objectives des historiens des religions et de la SHOAH, les propos de l’intervenant ont été appuyés par des citations et des photos qui ont permis aux auditeurs d’appréhender ce que ce fut « l’innommable », « l’indicible ».