Médecin de campagne, une vie

Georges Vieilledent a fait naître des milliers d’enfants…Il a parcouru des milliers de kilomètres… Il a consacré quarante quatre ans de sa vie à soigner les femmes et les hommes du canton de Saugues… Passer du désert saharien à ce pays altiligérien…

C’est ce qu’a raconté avec modestie et enthousiasme, le docteur Georges Vieilledent lors de sa conférence au CER Benjamin Bardy le mercredi 30 septembre.

Né en Algérie d’un père lozérien d’origine, étudiant à la faculté de médecine de Montpellier, il arrivera à Saugues presque par hasard. Pas tout à fait par hasard quand même puisqu’il y avait assuré les remplacements du Docteur Simon et qu’y résidait l’un de ses frères.

La découverte de cette France rurale, isolée et comme abandonnée, de ces agriculteurs aux conditions de vie difficiles et rudes mais se montrant toujours simples et dignes ne le laisse pas insensible et c’est donc là qu’il choisit de s’installer un jour de juin 1968. Les années s’égrènent et tissent des liens très forts… Alors, à l’heure de la retraite voulue (octobre 2012), hélas sans successeur, il a comme le sentiment d’abandonner ses patients et pour leur dire « je ne vous oublie pas, vous m’avez fait confiance » , il écrit un livre paru en 2014. Ce récit autobiographique décrit le quotidien d’un médecin de campagne : pathologies diverses auxquelles il faut rapidement s’adapter, charge de travail de jour comme de nuit, solitude, peines et étincelles de joie…Passionnant…

Maire et conseiller général mais surtout médecin généraliste, Docteur Georges Vieilledent s’est ensuite interrogé sur le système de santé français – basé sur trois piliers : le patient, le corps médical, la Sécurité Sociale – qu’il juge « obsolète et dépassé » –  tant les évolutions médicales, sociales et humaines tout comme les changements sont profonds et inéluctables. Dès lors, comment et pourquoi s’installer à la campagne ?

La phrase choisie (empruntée à Louis Pasteur) pour la dédicace de son livre « Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours » tout comme les vers d’un poète sauguain « Rudes enfants des monts de l’âpre Margeride » et les mots de Camus dans La Peste « Ne pas être de ceux qui se taisent », cités en fin de conférence, témoignent des convictions profondes et de l’engagement indéfectible du docteur Georges Vieilledent, médecin de campagne.

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  (couverture du livre du docteur Georges Vieilledent, paru aux éditions Calmann-Lévy)