Le mercredi 12 novembre 2025, s’est déroulée à Mende, à l’Espace Jean Jaurès, une conférence animée par Roland CHABANON, professeur d’occitan à la retraite, sur le thème « Origines de la langue occitane depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours “. Plus de 110 personnes ont écouté attentivement ce passionné de « l’occitan / langue d’oc », défenseur infatigable de cette langue latine, romane.
Si le conférencier a enseigné durant plus de 50 ans une langue qu’il qualifie lui-même « de minoritaire, mais qui ne doit pas être minorée », il s’est aussi attaché et s’attache encore, au travers de l’association « ESPOIR OC » qu’il préside, à pérenniser la langue occitane, la culture occitane et les traditions régionales diverses.
Comme l’a expliqué Roland CHABANON, quand on parle de l’occitan, on parle de « la langue d’oc », langue régionale gallo-romaine issue du latin, parlée dans quatre régions du Sud de la France (Roussillon et Pays Basque non compris) et se déclinant en six variantes : le languedocien, le provençal, le limousin, l’auvergnat, le vivaro-alpin et le gascon. Et ces variantes ont donné naissance à de multiples dialectes qui ont tous les mêmes racines latines. Par exemple, dans notre région concernée par le dialecte « languedocien », nous trouvons les quatre nuances suivantes : le « roergas », le « tolosan », le « cevenou » et le « montpelhierenc ».
Notons que l’occitan n’est pas une langue régionale couvrant seulement les régions françaises précitées. Elle est également parlée dans douze vallées alpines d’Italie et en Val d’Aran dans les Pyrénées espagnoles.
Comme Roland CHABANON l’a précisé, on ne peut pas aborder la thématique « occitan / langue d’oc » sans indiquer que « la langue d’oïl » est aussi une langue régionale gallo-romaine issue du latin, parlée notamment dans la moitié nord de la France, imprégnée par les dialectes des peuples germaniques, et qui a donné le vieux français. A l’initiative de François 1er (ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539), le « français », dialecte parisien des « élites », a supplanté toutes les langues régionales : les langues d’oïl, les langues d’oc, le breton, l’alsacien, etc. Ces langues marginalisées par le pouvoir royal ne parlant que la « langue royale », à savoir le « français », sont souvent dénommées péjorativement « patois », dialectes locaux avec une connotation négative. Roland CHABANON cita à cet effet, la définition de « patois » du dictionnaire « Le Robert ». « Patois : parler local employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale et dont la culture, le niveau de civilisation sont inférieurs à ceux du milieu environnant (qui emploie la langue commune) ». Pouvait-on faire plus péjoratif que cela ???
Le conférencier expliqua combien cette marginalisation de l’occitan avait atteint son paroxysme quand, en 1851, l’État français promulgua sa loi sur l’enseignement du français et l’a mis en œuvre de façon très coercitive dans les écoles au travers de lourdes punitions corporelles appliquées même sur les plus jeunes enfants qui à la maison n’entendaient leurs parents parler que « patois ». Et cela, sur la base de l’article 30 de cette loi qui stipule : « Il est strictement interdit de parler patois pendant les cours ou les pauses ».
Par de nombreux exemples concrets, et toujours avec beaucoup d’humour, Roland CHABANON a démontré à l’auditoire combien l’occitan imprégnait de multiples mots français d’usage courant. Il indiqua de même le sens en occitan de moultes noms de lieu et de famille. Informations très instructives.
Des développements enrichissants exprimés par le conférencier du jour de façon simple et très pédagogique qui ont permis de comprendre le rôle majeur joué par la langue occitane dans notre parler d’aujourd’hui, langue toujours vivante et porteuse de nos profondes racines culturelles.
Roland CHABANON, conférencier
