Les chenilles processionnaires

       Mercredi 14 mai, Charles Duterte, animateur à l’Association Lozérienne d’Étude et de Protection de l’Environnement a tenu une conférence au CER Benjamin Bardy sur des chenilles à enjeux sanitaires, dont la plus connue : la processionnaire du pin. Charles est engagé sur la campagne Pik tro, campagne menée par l’Agence Régionale de la Santé qui a constitué un réseau d’animateurs dans les départements d’Occitanie.

       Nous avons pu découvrir la biologie de cette espèce, ses mœurs, ses exigences écologiques et les enjeux sanitaires qui lui sont liées. Espèce habituellement méditerranéenne, nous observons les cocons dans les branches des pins du département depuis une dizaine d’années. Le changement climatique fait que ce papillon de nuit à trouvé des conditions météorologiques favorable en Europe. En effet il faut que des températures soient inférieures à -16°C en hivers pour tuer les chenilles qui hivernes dans les cocons. Ces températures sont de plus en plus rares sous nos latitudes. A cela vous ajoutez les boisements de pins réguliers dont elles se nourrissent, les voies de circulations qui favorisent les déplacements des papillons, l’espèce est en pleine expansion.

       La particularité de la chenille processionnaire, c’est qu’en cas de dérangement ou d’agression elle projette dans l’air des milliers de poils urticants microscopiques. Étant en procession, c’est l’ensemble des chenilles qui vont se sentir attaquées et projeter leurs défenses toxiques. D’où l’importance de ne pas les toucher. Il en est de même des cocons sur les branches, mêmes abandonnées ils peuvent provoquer des crises d’urticaires, si ce n’est pire. D’où la recommandation de ne pas les toucher ou les déranger. Des particuliers ont tenté de brûler les branches infestées et ont développé des réactions, la chaleur ayant fait envoler les poils urticants autour du foyer. Il n’y a pas de pommades et de remèdes miracles, les réactions sont différentes selon les personnes. Il faut essayer de ne pas se gratter et de laver les vêtements. Si la réaction est plus grave, consultez un médecin.

       La période la plus risquée pour les promeneurs est la fin de l’hiver jusqu’à la fin du printemps, lorsque les chenilles descendent des arbres à la file indienne pour aller faire leurs cocons sous terre. Le fait que cet animal occupe désormais la quasi-totalité du pays fait qu’il faut apprendre à accepter sa présence. Pour cela il est conseillé d’adapter ses pratiques et gestes pour ne pas être en contact. Si nécessaires, des professionnels peuvent intervenir chez les particuliers. L’usage d’insecticides a une efficacité reconnue comme faible, et non sélective pour des coûts élevés. Un moyen gratuit et dont les professionnels de la forêt reconnaissent l’efficacité est la valorisation de la biodiversité, notamment les prédateurs (coucous, mésanges et guêpes solitaires pour les chenilles, chauves-souris pour les papillons).

       La phrase de la soirée à retenir « Les processionnaires du pin sont là, ne les touchez pas, contournez-les ».

Charles Duterte, conférencier