Le mercredi 9 avril, le docteur Ribaute a animé, à la salle Urbain V, une conférence sur les courants philosophiques de la Chine devant une centaine de personnes.
Le terme de « Dieu » est un terme générique, se déclinant au singulier, pour les trois grands courants monothéistes, mais aussi au pluriel « les Dieux ».
Les chinois parlent en effet de manifestation, et non de création. Mais dans le premier cas, il est question d’une entité créatrice, d’impulsion originelle, dans le deuxième, il ne s’agit que de la théorisation d’un processus qui n’a ni début ni fin, d’une dynamique dialectique féconde et intrinsèque à la réalité du monde.
En ce qui concerne la transcendance et l’immanence, il faut lire le livre de Frédéric Lenoir sur Spinoza, bien plus accessible que les écrits du dit philosophe.
Spinoza préconisait effectivement ce qu’on appelle un Dieu « Moniste », dépersonnalisé, qu’il assimilait à une dimension sacrée de la nature. On retrouve la même tendance chez le moine Giordano Bruno, raison de plus pour qu’il passe au bûcher. (Outre sa théorie héliocentrique de l’astronomie).
Le Dieu transcendantal est intervenant sur et dans le monde, c’est un Dieu accessible à l’intercession. Il envoie son fils sur la terre, dont il est écrit qu’il est à la fois « fils de Dieu » et « fils de l’Homme ». C’est lui qui gère le salut des hommes, ces derniers étant l’aboutissement final et l’apothéose de son dernier créateur.
Avec le Dao, il n’y a rien de tout cela.
Il est inhérent, ou intrinsèque à la manifestation, il est agissant mais non intervenant.
L’homme ne peut que découvrir les traces de sa présence et en aucun cas être concerné par celle-ci et encore moins intercédé en quoi que ce soit.
La transcendance lie Dieu à notre existence, alors que l’immanence lie notre existence à un principe dépersonnalisé et indépendant de son devenir.
Ainsi Matgioi pouvait écrire : « Le christianisme fait descendre Dieu à l’homme, le Dao fait monter l’homme à Dieu ».

