L’aménagement du Chassezac

       L’aménagement du Chassezac représente pour l’ancien canton de Villefort, un moment exceptionnel de développement, que les habitants nomment avec nostalgie « période des barrages ». Dans le cadre des activités du Centre d’Etudes et de Recherches Benjamin Bardy, Jean-Louis MAURIN est venu présenter cet aménagement. La conférence du mercredi 29 janvier, suivie par un très nombreux public, a d’abord été abordé par Jean-Louis MAURIN avec l’aspect historique et le rôle qu’un homme politique français a joué Louis LOUCHEUR.  Dans la première partie du XXème siècle, malgré plusieurs projets, les Grands Travaux de Marseille n’ont pas abouti. L’après-guerre et la nationalisation de l’électricité et du gaz, va apporter un nouvel acteur EDF qui lui va aboutir. Le contexte est favorable, la France a besoin d’électricité, l’hydroélectricité représente alors 50% de l’énergie électrique produite et 30% des foyers français n’ont pas l’électricité.

       L’avant-projet est présenté le 23 août 1955 par EDF, la déclaration d’utilité publique est publiée dans le journal officiel du 2 juillet 1958. L’aménagement devient une réalité et on comprend alors le sort qui sera réservé à la vallée de Bayard (Lassupal, Gueldès, Le Salès et Le Moulin). Cette vallée de Bayard va concentrer beaucoup de désespoir, la vingtaine de famille a compris que cette fois ils n’échapperaient pas à l’expropriation.

       De 1956 à 1960 la région prépare sa métamorphose, il faut d’importants travaux préparatoires pour accéder aux chantiers, accueillir plus de 600 ouvriers ainsi qu’une centaine d’agents et ingénieurs EDF. De nombreux pavillons sont construits pour loger le personnel EDF, des cités éphémères, des cantines s’installent à proximité des chantiers, le groupe scolaire tout récent (1955) ne suffit pas à accueillir tous élèves, il faut ajouter des préfabriqués. Une partie du matériel arrive par voie ferrée dans un très grand hangar métallique qui remplace la petite vitesse ainsi que le ciment stocké dans des silos. Puis la construction des ouvrages va commencer : barrages de Bayard, Roujanel, Raschas et les usines de Beyssac et Pied de Borne. D’autres ouvrages s’enchaînent mais EDF arrivé avec un projet de 8 barrages et 6 usines hydroélectriques ne construira pas les barrages de Chasseradès, Puylaurent et Altier. Près de 30 kilomètres de galeries sont percés, puis il faut rétablir les communications (RN 101 et 106) avec en particulier 3 ponts entre Villefort et Castanet. A Castanet, le château est sauvé de la destruction par son inscription à l’inventaire des Monuments Historiques avec l’arrêté du 2 novembre 1964. Plus de 5 ans de travaux bruyants, beaucoup d’animation dans les villages et au final un bel aménagement qui comme l’a expliqué Simon Monot le directeur de l’usine de Pied de Borne joue un rôle intéressant dans l’équilibre électrique du pays. L’électricité d’origine hydraulique, est renouvelable mais surtout immédiatement disponible lors des pics de consommation.

       Cette production locale apporte des retombées économiques incontestables aux collectivités locales. Les lacs créés ont modifié le tourisme en le faisant évoluer vers d’autres activités qui attirent chaque été de très nombreux touristes accueillis dans les villages de vacances et campings qui ont vu le jour ces dernières décennies.

       Au cours de l’année 2025, EDF et les collectivités territoriales préparent le soixantième anniversaire de l’aménagement, l’occasion pour un large public de mieux appréhender l’aménagement et de mieux connaître la région de Villefort. L’association ARDEC Villefort et son président Jean-Louis Maurin impliqués dans l’évènement ont prévu d’éditer un ouvrage sur cette « période des barrages ». Grâce à son professionalisme et sa parfaite connaissance du site, notre conférencier a su captiver son auditoire.

Monsieur Jean-Louis MAURIN, conférencier