Les collections muséales de Lozère : conservation préventive et curative

Depuis septembre 2000, le Conseil départemental de la Lozère a créé une conservation départementale, composée aujourd’hui de 3 personnes. En parallèle de l’inventaire patrimoine culturel du mobilier public du territoire départemental (cela concerne essentiellement les biens des communes dont les objets religieux conservés dans les édifices cultuels mais aussi le mobilier hospitalier, industriel…) et pour accompagner les communes propriétaires dans la gestion de ces objets, le Département a mis en place un programme de conservation curative et préventive (traitements insecticide du mobilier en bois non polychrome, rangement des ornements liturgiques et objets d’art, conditionnement des œuvres selon les normes de conservation préventive) a été mis en place. Le patrimoine mobilier privé peut aussi être concerné mais seulement à la demande du propriétaire.

C’est la qualité du travail réalisé dans les édifices cultuels qui a motivé la mise en place d’interventions de conservation curative et préventive sur les collections muséales. Elles consistent en un travail en régie directe, c’est-à-dire assuré par un agent du Département sur les objets des collections muséales du département. Il ne se substitue pas à l’intervention de conservateurs-restaurateurs spécialisés mais consiste en un nettoyage, une conservation curative (contre les insectes, les moisissures…) et un conditionnement systématique des objets aux normes de conservation préventive.

Les collections du musée Ignon-Fabre, aujourd’hui musée du Gévaudan, ont été les premières à bénéficier de ce travail (2008-2013), puis ce sont les objets de l’écomusée du Mont-Lozère, appartenant au Parc national des Cévennes (2018-2020) qui ont été traités. En 2021, ce même travail a été mené pour la collection de squelettes de chevaux de Przewalski de l’association TAKH à Hures-la-Parade. Et depuis, ces mêmes interventions sont menées pour la collection Numa-Bastide, propriété de la commune de Saint-Germain-de-Calberte.

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Il est important de noter que toutes ces œuvres sont souvent fragiles en raison de leur matériau et de leurs conditions de conservation. L’état de conservation, bon ou mauvais, n’est pas forcément lié à l’ancienneté mais plutôt aux conditions de cette conservation. Tout déplacement d’objet peut l’endommager en raison d’une manipulation brutale, ou, plus sournoisement, en le changeant seulement de lieu (variations de température, d’hygrométrie…).  A travers ces interventions, nous mettons en place des éléments de conseil (ce qu’il est préférable de faire ou pas) comme d’action (traitements insecticides, nettoyage et conditionnement des objets selon des normes de conservation préventive). Les collections sont ainsi sauvées, pour un temps. A charge ensuite aux collectivités publiques propriétaires de surveiller leurs collections afin de maintenir la stabilité et bien sûr, la conservation de leurs biens.

Consécutivement aux interventions de conservation curative et préventive, la conservation départementale accompagne, par ses conseils, tous les travaux de restauration sur les œuvres d’art du département, essentiellement propriété publique, en amont, pendant et au moment de la réception des restaurations afin d’assurer des interventions de qualité. Il ne faut donc pas hésiter à se rapprocher de la conservation départementale du patrimoine pour tout conseil et, surtout, avant toute intervention (Isabelle Darnas, idarnas@lozere.fr ; Cécile Vanlierde pour la conservation curative et préventive, cvanlierde@lozere.fr ; Cécile Fock-Chow-Tho pour l’inventaire du patrimoine bâti et l’archéologie, cfock-chow-tho@lozere.fr).