Du début du protestantisme jusqu’à la guerre des Camisards, en Lozère

Une conférence a eu lieu au Centre d’études et de recherches Benjamin Bardy au sujet des débuts du protestantisme. Une histoire qui a particulièrement marqué la Lozère.

Mercredi 1er octobre, Gilbert Lauze a animé une conférence au CER Benjamin Bardy ” Du début du protestantisme jusqu’à la guerre des Camisards, en Lozère “. Il a réussi un tour de force avec brio et passion, devant un public de plus de 130 personnes, en racontant, en 1 h 30, 200 ans d’histoire.

Des épisodes sanglants à Mende et au Malzieu

Le protestantisme naît au XVIe siècle avec Luther, ce moine, professeur de théologie qui s’érige contre les pratiques de l’Eglise catholique, comme la vente des indulgences, qu’il trouve contraires à l’enseignement de la Bible.
Puis le conférencier dit combien Jean Calvin, ce théologien français, pasteur emblématique est toujours référent pour les protestants d’aujourd’hui.

Un développement poussé par le commerce avec la Suisse

Si le protestantisme s’est développé, précise Gilbert Lauze, c’est grâce à l’influence très importante de la baronnie de Peyre. Marie de Crussol, fille du vicomte d’Uzès et ardente calviniste, épouse de François Astorg de Peyre, demande à Mathieu Merle de venger la mort de son mari à la Saint-Barthélémy.
Merle se révéla un homme sans pitié et marqua de son empreinte des épisodes sanglants au Malzieu et à Mende.

Serverette, Javols et Marvejols protestants avant une forte répression

Serverette, Javols…, furent des villages protestants. En 1562, Marvejols, ville très protestante, subit une attaque très violente par le duc de Joyeuse et un siècle plus tard cette ville ne fut plus protestante.

Un court répit pour les disciples de Luther et Calvin

En 1598, Henri IV accorde l’édit de Nantes qui permet, entre autres, aux protestants de pouvoir accéder à toutes les fonctions et à tous les métiers.
En 1629, la paix d’Alès reconnaît le droit à l’existence des Églises protestantes mais supprime les places de sûreté et les garnisons.

La révocation de l’édit de Nantes et guerre des Camisards

Les protestants sont tranquilles pour bien peu de temps, Louis XIV considère qu’il n’y a pas place pour deux religions dans son royaume : une seule foi, une seule loi, un seul roi. Ce roi signe le 18 octobre 1685, à Fontainebleau, l’édit qui révoque l’édit de Nantes.
Les Cévennes connaissent alors une vie incommensurable : temples détruits, hommes envoyés aux galères ou roués vifs, pendus ou brûlés. Les femmes sont emprisonnées, notamment à la tour de Constance.
Devant la répression des troupes royales, la colère devient de plus en plus grande chez les protestants, surtout chez les jeunes.
En 1702, c’est le début de la guerre des Camisards, racontée avec mille détails et avec présentation de célèbres Camisards : Esprit Séguier, Rolland, Abraham Mazel…

Un conflit encore ancré dans la mémoire des Cévenols

Cette guerre est le symbole de la lutte pour la liberté de conscience, c’est pourquoi elle reste aussi vivante dans la mémoire des Cévenols.

Un musée consacré à cette période sombre de l’histoire à Mialet

Un musée à Mialet, près d’Anduze, évoque de façon très vivante la vie quotidienne de ces protestants persécutés. L’été, une exposition est à visiter au temple du Rouve Bas, près du col de Jalcreste.
Gilbert Lauze a séduit son auditoire grâce à son exposé très documenté, très riche et de grande qualité. Le public était ravi de cette prestation.

Gilbert LAUZE, conférencier