Angela Merkel, une chancelière venue de l’Est

Cette conférence s’est tenue dans le cadre de la semaine franco-allemande en Occitanie le 8 avril 2026. Elle a été animée par Sylvette Bayle, présidente du Comité de jumelage Mende – Wunsiedel.

D’un commun accord, la matière étant trop dense et le temps limité, il a été décidé de présenter cette conférence en deux parties.

Le 8 avril, après un bref rappel des structures politiques de l’Allemagne depuis la loi fondamentale de 1949 (rôle du chancelier, du président, de l’Assemblée fédérale, du Conseil fédéral des “Landers”, des différents partis politiques, etc), la jeunesse de Mme Merkel en République démocratique allemande (RDA) a été évoquée.

Née en 1954 à Hambourg, fille d’un pasteur protestant et d’une mère professeur d’anglais et de latin, elle a grandi à Templin, de l’autre côté du ” rideau de fer “, en RDA.

Dans ses mémoires, Angela Merkel reconnaît avoir eu une belle enfance et ce n’est que beaucoup plus tard qu’elle a ressenti le manque de liberté individuelle dans cet état sous administration soviétique. Excellente élève, elle a ensuite fait des études de physique à l’Université Karl Max de Leipzig (1973-1978) et obtenu un doctorat et une thèse.

Ensuite, elle s’est installée à Berlin-Est avec son premier époux, le physicien Ulrich Merkel, dont elle a gardé le nom après son divorce en 1982.

Dès cette époque-là, elle pensait sans doute à une carrière politique, même si elle n’avait jamais été membre du SED, parti unique de la RDA. Ce n’est qu’après la chute du mur de Berlin (novembre 1989), après s’être consacrée à la recherche et après ses études, qu’elle se décide pour une carrière politique gravissant peu à peu les marches du pouvoir dans l’Allemagne réunifiée (octobre 1990).

Sous l’égide du chancelier Helmut Kohl, qui sera son mentor, elle rejoint la CDU-CSU, parti conservateur au grand étonnement de ses camarades qui l’auraient plutôt vue chez les Verts.

A partir de janvier 1990, elle est d’abord la porte-parole adjointe du dernier gouvernement de la RDA dirigé par Lothar de Maizière, mais fin décembre de la même année elle a déjà un mandat direct au Bundestag (Assemblée fédérale de l’Allemagne réunifiée).

Par la suite, elle devient ministre fédérale des Femmes et de la Jeunesse de 1991 à 1994, puis présidente du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, son pays natal (1993-2000).

Presque en même temps, de 1994 à 1998, elle est ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire.

En 2000, après la disgrâce et le retrait du chancelier Kohl, elle deviendra la première femme présidente du parti CDU.

Enfin, en novembre 2005, elle est élue chancelière face à Gerhard Schröder, qui était un adversaire redoutable.

A cette époque-là, très peu de ses compatriotes auraient pensé qu’elle allait rester seize ans au pouvoir. Mais elle a su s’imposer, pas toujours en douceur mais sûrement, et perdurer en dépit de tous les problèmes survenus pendant ses mandats. Ses successeurs à la chancellerie, Olaf Scholz et Friedrich Merz, sont pour l’instant dans son ombre.

 

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