« La Danse macabre »*
Fresque allégorique sur fond rouge et sol jaune, elle a été peinte vers 1460-1470 (forme des costumes et chaussures à la poulaine) sur une longueur de 26 m en une sorte de triptyque dont les panneaux sont séparés par les piliers ; elle occupe les 5°,6° et 7° travées du collatéral gauche de l’abbatiale.
Ses 46 personnages , d’environ un mètre de hauteur, sont répartis en 23 vivants ou « vifs » et 23 morts ou « transis » dans un défilé de couples….Un mort nu ou parfois drapé dans un linceul, le corps stylisé , emmène un vivant dans un geste d’invitation à la danse, sans bousculade , sans méchanceté à l’exception d’un geste dur au 2° panneau près du riche et , au 3°, l’attitude empreinte de tristesse de la Mort saisissant un enfant avec une certaine résistance chez la mère.
Chaque « vif » représente , lui, l’ordre hiérarchique de la société médiévale : du Pape à l’évêque, du chevalier au jeune damoiseau, du poète au moine, du riche marchand au paysan, de la jeune dame à la mère au petit enfant…
La fresque s’achève par un geste significatif : un « transi », planté sur ses longues jambes, face au visiteur, tend la main devant son visage et, montrant le cortège, semble lui dire « à ton tour maintenant » ! Ainsi cette « danse macabre » est-elle une leçon d’égalité devant la mort – nul n’y échappe – mais qui, paradoxalement, rassure car elle est aussi présentée comme la promesse d’une vie nouvelle et éternelle…
« La Danse Macabre s’appelle
Que chacun à danser apprant
A l’homme et femme est naturelle
Mort n’espargne petit ni grant. »
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*« Danse Macabre » ou « Danse des Morts »
– « danse » : en souvenir des processions dansantes d’autrefois.
– « macabre » : du mot arabe « magberah » = cimetière
du mot celte « malcabrè » = très sombre, très triste
« Macchabœrum chora » = danse des Macchabées
(Avis divers sur l’étymologie du mot)
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